Découvrez l'histoire
de la capsules de la nuit des temps :-) à nos
jours ! A l'origine du vin de Champagne, tel qu'on le connaît
aujourd'hui, il y a eu un moine bénédictin
: Dom Pierre PERIGNON (1638-1715). Né à Ste
Menehould, il vécut à l'abbaye d'Hautvillers.
Après l'essai de différentes méthodes
de bouchage de la bouteille qui s'avéraient insuffisantes,
on utilisa le bouchon de liège, mais celui-ci sautait
malgré tout sous l'effet du gaz carbonique. Une
ficelle de chanvre fut alors ajoutée au bouchon
pour le bloquer sur la bouteille.
Vers 1855, un certain Nicaise PETITJEAN, demeurat à Avize,
inventa et fit breveter une " machine à ficeler à la
ficelle ", dite aussi " cheval de bois ".
Un ouvrier pouvait alors ficeler jusqu'à 1000 bouteilles
par jour en 10 heures de travail.
Certains négociants complétaient ce ficelage
avec un ou deux fils de fer torsadés. Ensuite, pour
faciliter le débouchage des bouteilles sans avoir
besoin d'une pince ou d'un crochet, et surtout pour ne
pas se blesser, on eut l'idée de faire un petit
anneau qui était quelque fois muni d'une pastille
de plomb sur laquelle était gravé le mot " champagne " ou
encore le nom du négociant. Mais nombre de bouteilles
cassaient encore ou les bouchons sautaient d'eux-mêmes
encore trop souvent sous la pression du gaz... (la suite
dans le n°107).
:
Rappelez-vous : avant 1844 dans l'humidité des
caves, les liens et les bouchons pourrissaient ou bien
encore les rats rongeaient la ficelle … et donc des
pertes importantes de ce merveilleux breuvage … (à toujours
consommer avec modération).
En 1844 donc, Adolphe JACQUESSON eut une idée géniale.
Il utilisa des plaques de fer blanc dépoli, découpées
en rondelles de la même taille que le dessus du bouchon
et eu l'idée de remplacer la ficelle par du fil
de fer. Le premier muselet était né. La machine "pince à filer" était
toujours utilisée pour tortiller les fils du muselet.
Mais très vite les machines à poser les muselets
se perfectionnèrent.
Au début des années 1900 on fabriquait des
muselets très simples à 4 ou 5 branches avec
un petit trou au centre. Ces muselets étaient posés
directement sur le bouchon ou quelquefois avec une petite
plaque d'étain intercalée entre le muselet
et le dessus du bouchon.
La forme du muselet subira encore des modifications et
des adaptations avant d'aboutir à sa forme actuelle
avec soit la mention "Champagne", le nom d'une "ville",
d'une "commune" et enfin le nom ou la raison
sociale du producteur. Les premières plaques personnalisées
semblent dater des environs de 1890.
La capsule après 1890 … c'était hier …
Les capsules banalisées, appelées "passe-partout" et
sur lesquelles apparaît le mot "champagne",
sont assez boudées des collectionneurs à quelques
exceptions près. Elle offrent pourtant une multitude
de variantes d'écriture et de couleur avec la mention "champagne" accompagnée
d'une étoile.
Peintes ou estampées : en ce qui concerne les capsules
personnalisées (celles qui passionnent les collectionneurs)
on a assisté à une révolution des
techniques.
Elles étaient tout d'abord à encoches. Ces
encoches, présentes sur les plaques les plus anciennes
de 1880 jusque dans les années 1960, permettaient
d'éviter les pliures à l'emboutissage, à l'endroit
du passage du fer du muselet. Elles étaient également
coupées, découpées, fendues, etc.
Parmi ces plaques à encoches, on distingue deux
grandes familles : les peintes à encoches et les
estampées à encoche.
La première famille est la plus recherchée,
car les capsules sont à la fois anciennes et esthétiques.
En effet un logo, ou les armoiries d'une maison de champagne,
ou encore une année, est ici reproduit en plusieurs
couleurs.
Celles de la deuxième famille sont toujours monochromes
(acier rouge, bleue, etc.) et les reliefs obtenus par emboutissage
sur une matrice ne sont pas toujours très nets.
Eh oui, c'est une longue histoire que celle des plaques à encoches … Il
en existe qui possèdent une languette appelée
aussi "patte". Ces plaques proviennent d'un fabricant
de Bordeaux de l'époque et furent utilisées
des années 1900 à 1930. Parmi les quelques
marques qui les utilisèrent on peut citer : Pol
Roger, Charles Heidsieck, Monopole et Pierrier-Jouet.
Parmi ces plaques, certaines ont des particularités
intéressantes :
* ¨ Les plaques équipant les muselet à lacet
: elles sont bombées et présentent quatre
trous supplémentaires sur leurs flancs (uniquement
sur les passe-partout et les plaques de mousseux)
* ¨ Les trois branches de chez Moët et Chandon : elles ont trois encoches
au lieu de quatre
* ¨ La galette de chez Mumm, appelée aussi tourtière (son
contour cranté permet de comprendre pourquoi elle est ainsi nommée)
* ¨ La Duminy avec un trou central carré.
La plupart sont en fer, mais quelques unes, assez rares,
sont en aluminium (Henry Goulet, Monopole, Joseph Perrier,
Veuve Cliquot, …). D'autres encore plus rares sont
en cuivre et présentent une finesse d'écriture
incomparable.
A partir de 1960, ces capsules à encoches ont commencé à disparaître
et furent remplacées par des plaques sans encoches.
Les techniques ayant évolué, on pouvait alors éviter
les pliures de la tôle à l'emboutissage, bien
que les plaques n'aient plus d'encoches. C'est donc ainsi
qu'est née la capsule de Champagne appelée
par les professionnels et les collectionneurs : muselet
de Champagne.
Le muselet est maintenant vieux de 159 ans. Inventé par
Adolphe Jacquesson en 1844, il a fêté ses
150 ans en 1994 à Epernay, la capitale du Champagne.
Le muselet est passé aujourd'hui à la postérité et,
de simple outil technique, il est devenu un objet de collection.
Les passionnés commencent des collections thématiques.
Certains ne gardent que les têtes, d'autres les monuments,
les moulins, les chapelles, les églises ou uniquement
les capsules de telle ou telle couleur.
Quelques maisons de champagne créent des capsules
que ne plus destinées à couvrir les bouteilles,
mais qui sont faites uniquement pour la vente aux collectionneurs.
Certains vignerons aussi font façonner des capsules
de champagne pour ce seul usage et les réservent à leurs
meilleurs clients, aux membres de leur confrérie,
comme celle de Saint Vincent à Cramant .
Les grandes maisons établissent, elles, leurs capsules
par millions d'exemplaires. Seules les cuvées de
réserve sont faites en plus petite quantité,
mais par centaines de milliers tout de même ! Les
petits viticulteurs font fabriquer leurs capsules par dizaines
de milliers. Un rosé ou un blanc de blancs peut
donner lieu à une capsule en 2000 exemplaires seulement,
qui aura de ce fait d'autant plus de valeur…
On ne parle de capsules rares que pour les capsules éditées
entre 2000 et 5000 exemplaires. Il existe bien entendu
des capsules encore plus rares. Chaque fois qu'une nouvelle
série est créée, des recherches d'encre
sont effectuées.
Les fabricants sont amenés à élaborer
des capsules sans valeur commerciales qui ne sont pas mises
sur le marché. Il s'agit de prototypes imparfaits
et certaines sont donc apparues avec des fautes d'orthographe
ou des variations. Un cas fameux est celui du champagne
Pierre Mignon et de sa cuvée "Jacques Chirac
Président", diffusé lors de la campagne
présidentielle. Pour des raisons de droit électoral,
la mention Président a été supprimée.
De fait, la variante Jacques Chirac Président a été beaucoup
plus rare pendant les élections.
Dans un autre genre, on trouve la capsule Ruinart avec
la mention "Rheims" (ancienne écriture),
plus rare que la même orthographiée "Reims" (écriture
contemporaine). Comme pour les timbres, les erreurs d'impression
et de couleur renforcent la valeur des capsules de champagne.
Il se produit parfois des différences de bain et
la couleur est plus foncée ou plus claire et, avant
que le client ne réagisse, 2000 capsules peuvent
avoir déjà été écoulées.
Cette variation n'est perceptible que par la comparaison.
C'est le cas d'une série orange "Brut standard" avec
le portrait de la veuve Cliquot.
Les prix des capsules ne sont pas nécessairement
liés à leur rareté. Les cotes officielles
ont parfois des lacunes et peuvent être remises en
cause.
Jean-Pierre Laurencin
(Cette histoire est écrite par Jean Pierre Laurencin
avec l'accord de nos confrères de la rédaction
de "multi-collections magazine" - www.multicollection.com)
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